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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 10:00

M le maudit (M – Eine Stadt sucht einen Mörder) est un film allemand réalisé par Fritz Lang, sorti en 1931.

        

L’histoire :

Un meurtrier d'enfant jette les habitants d'une grande ville allemande dans la terreur et l'hystérie si bien que la police et la pègre se mettent toutes les deux à sa poursuite. Des avis de recherches sont lancés et une récompense est promise. Dans une cité ouvrière, une mère attend impatiemment le retour de sa fille de l'école, mais un inconnu (dont le visage n´est pas montré à l´écran) réussit à l'attirer avec des sucreries. Après avoir découvert le cadavre, la police intensifie ses efforts de recherche, en vain. Les habitants en viennent à se soupçonner les uns les autres. Les dénonciations anonymes font croître la tension et les policiers sont à bout de forces. Cependant, les rafles et les contrôles incessants dérangent les bandes criminelles dans leurs « affaires ». Aussi la pègre décide-t-elle, sous la direction de Schränker, de chercher elle-même le meurtrier et utilise dans ce but le réseau des mendiants. Alors que la police a identifié le meurtrier, celui-ci est reconnu par un vendeur de ballon aveugle (grâce à la chanson que le tueur siffle : Dans l'antre du roi de la montagne). Un « collègue » marque alors un « M » à la craie sur le manteau du meurtrier, après que le vendeur de ballons aveugle lui a indiqué où il se trouvait ; le meurtrier s'enfuit dans un bâtiment de bureaux que les bandes cernent. En se servant de leur attirail de cambriolage, ils fouillent la maison, attrapent le meurtrier d'enfants et l'emmènent dans une distillerie abandonnée. Là, toute la pègre rassemblée lui fait un procès macabre. Alors, il exprime d'une façon désespérée son aliénation et son dédoublement intérieur :

 « Toujours, je dois aller par les rues, et toujours je sens qu'il y a quelqu'un derrière moi. Et c'est moi-même ! (…) quelquefois c'est pour moi comme si je courais moi-même derrière moi ! Je veux me fuir moi-même mais je n'y arrive pas! Je ne peux pas m'échapper ! (…) quand je fais ça, je ne sais plus rien… Ensuite je me retrouve devant une affiche et je lis ce que j'ai fait, et je lis. J'ai fait cela ? »

Le commissaire Lohmann arrive sur les lieux à la dernière minute et empêche le « tribunal » de lyncher le meurtrier. Toutefois, il est reconnu coupable plus tard par le tribunal de Justice, et est condamné à mort. L´exécution n´est pas montrée. Le film se termine sur un plan filmant la mère de l´enfant assassinée, qui dit que tout ceci ne lui ramènera pas sa fille, et qu´il faut seulement faire plus attention à ses enfants.

Que dire du film ? :

Il s'agit du premier film parlant de Fritz Lang qui avait jusqu'alors dirigé plus d'une douzaine de films muets y compris Metropolis. Avec le temps, M le maudit est devenu un classique reconnu, rivalisant avec les autres œuvres de Lang pour le titre d'opus magnum. Pendant des années après la sortie du film Lorre est resté catalogué comme un méchant pour y avoir été un meurtrier d'enfant (et, c'est sous-entendu, un pédophile). M le maudit a été aussi un pionnier dans l'utilisation du leitmotiv (Dans l'antre du roi de la montagne, extrait de Peer Gynt d'Edvard Grieg) pour donner plus d'intensité à l'accompagnement musical. La ville où se déroule l´action n´est pas nommée, et on pourrait croire qu´il s´agit de Düsseldorf, d´après les titres en italien et espagnol "M, le monstre de Düsseldorf". Le film aurait été en effet inspiré par les meurtres de Peter Kürten, surnommé "le vampire de Düsseldorf". Pourtant, Fritz Lang décide de faire se dérouler le film à Berlin. Plusieurs indices dans le film permettent au spectateur de comprendre qu´ils sont à Berlin : une publicité pour un journal berlinois, la carte de Berlin dans le bureau du commissaire, le fait que le commissaire parle d´une ville de 4 millions d´habitants (ce qui ne pouvait correspondre qu´à Berlin à l´époque), le nom "Alex" qui fait référence à l´Alexanderplatz est également cité plusieurs fois. Dans Les Films clés du cinéma, Claude Beylie décrit M comme « […] un magistral exercice de style, un modèle absolu de mise en scène, considérée comme une mise en équation de tous les éléments constitutifs du film. Le moindre détail est chargé de sens, les plans s'imbriquent selon un ordre infaillible. » Pour son film, Fritz Lang s'est inspiré des Heimatklänge, Hand in Hand et des Deutsche Kraft, des clubs qui, sous couvert de promotion du sport vivaient en partie de revenus provenant du chantage ou de la prostitution. À la fin des années 1920, ils comptaient environ 1 000 membres. Ces clubs avaient un code d'honneur très strict.

             

Pour l'historien Marc Ferro, cette œuvre de Fritz Lang est représentative de la montée du nazisme en Allemagne.

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Published by passions73 - dans cinéma
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