Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 08:25

Novembre 1935 :  Première de "La Guerre de Troie n'aura pas lieu"

Louis Jouvet met en scène pour la première fois la pièce de Jean Giraudoux nommée "La guerre de Troie n’aura pas lieu". En reprenant un mythe grec et en mettant en scène la fatalité de la guerre, Giraudoux souhaite renouer avec la tragédie, genre qui a disparu en France au profit des drames romantique et bourgeois. La pièce préfigure la venue de la Seconde Guerre mondiale qui, malgré les tentatives d’apaisement des pacifistes, aura fatalement lieu.

La guerre de Troie n'aura pas lieu est une pièce de théâtre de Jean Giraudoux, jouée la première fois le 22 novembre 1935 au Théâtre de l'Athénée sous la direction et avec Louis Jouvet. Cette œuvre cherche à déchiffrer les motivations fratricides de la future Seconde Guerre mondiale, comme un avertissement. L'auteur y met en relief le cynisme des politiciens ainsi que leur manipulation des symboles et de la notion de droit. La pièce met en lumière le pacifisme de Giraudoux qui avait combattu en France et aux Dardanelles mais aussi sa lucidité devant « deux bêtises, celle des hommes et celle des éléments » (I, 1).

Giraudoux, qui fut blessé à deux reprises durant la Première Guerre mondiale, est un ardent pacifiste. Il écrit cette pièce relativement rapidement entre l'automne 1934 et juin 1935, alors que les dictatures montent en Europe et que la crise de 1929 continue de sévir, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. Dans cette pièce qui décrit la bêtise des hommes et leur obstination, Giraudoux fait un parallèle entre la situation en Europe où tout le monde voit venir la guerre mais ne fait rien et celle de l'Antiquité avec la Guerre de Troie. Son œuvre se termine effectivement par l'inévitable guerre, reflet de la réalité. La guerre de Troie n'aura pas lieu est créée par Louis Jouvet et sa troupe le 22 novembre 1935 au Théâtre de l'Athénée. Giraudoux a longtemps hésité sur le titre de la pièce avec Prélude des préludes et Préface à l'Iliade en raison de la longueur du titre initial, qui en définitive s'imposera.

 Mise en scène : Louis Jouvet

 Musique originale : Maurice Jaubert

 Scénographie : Mariano Andreu Estrany, Guillaume Monin

 Costumes : Guillaume Monin

 

Une prépublication de la pièce a eu lieu le 14 décembre 1935 dans la revue La Petite Illustration puis également dans La Revue de Paris avant d'être éditée en décembre 1935 par Bernard Grasset.

Acte I

Durant les 10 scènes de l'acte I, l'intrigue s'expose sous les yeux des spectateurs. Hector rentre de la guerre, las, et apprend l'enlèvement d'Hélène par son frère Pâris. Se rendant compte de l'enjeu qu'elle représente et de la guerre qui menace contre les Grecs, il décide avec sa femme Andromaque de convaincre Pâris de la rendre. Celui-ci s'en remet à leur père et roi de Troie, Priam, qui acceptera seulement si Hélène consent elle-même à revenir en Grèce. À la scène 7, Pâris demande à celle-ci de refuser. Puis Hector interroge Hélène, qui tergiverse. L'acte I se termine par l'apparition de la Paix malade.

 

Acte II

Devant les portes de la guerre, qui doivent être fermées en signe de période pacifique, Hélène tente en vain de séduire Troïlus, le jeune fils de Priam. S'ensuit le conseil de guerre, où s'opposent deux camps, les pacifiques contre les belliqueux. Après la cérémonie de fermeture des portes, Andromaque, accompagnée d'Hécube, la mère d'Hector et Pâris, et femme de Priam, continue la négociation avec Hélène pour qu'elle parte et évite la guerre en utilisant la jeune Polyxène pour l'attendrir. C'est un échec. Oiax, un Grec belliqueux, précède l'ambassade grecque menée par Ulysse. Il provoque Hector , qui veut absolument éviter la guerre et tourne habilement la situation à son avantage et à l'encontre de Démokos, le poète troyen belliqueux. Il y a durant ces trois scènes un comique de geste avec trois gifles. Hector gagne alors l'admiration d'Oiax. Puis arrive l'ambassade grecque et les dieux interviennent via Iris la messagère pour éloigner la foule. Hector et Ulysse sont ainsi en tête-à-tête, et ce dernier, qui apparaissait avant méfiant et antipathique, se montre pacifiste à son tour. Puis, alors qu'Hector croyait avoir gagné la paix, Oiax réapparait ivre et le provoque à nouveau. Démokos crie à la vengeance et Hector, à bout de nerfs, le tue avec son javelot. Avant de mourir, le poète hurle que c'est Oiax qui l'a tué et l'on déclare la guerre. Les portes de la guerre se rouvrent sur Hélène et Troïlus qui s'embrassent. La guerre de Troie aura donc lieu.

 

Les camps

Durant la pièce se dessinent deux camps. D'une part ceux qui veulent la paix et le départ d'Hélène regroupant Hector, Andromaque, Hécube, Cassandre, et Ulysse (bien que ses intentions soient parfois troubles). D'autre part, ceux qui veulent la guerre et ne veulent pas le départ d'Hélène : Pâris, Priam, Démokos, le Géomètre, le Gabier et les vieillards. Il y a enfin Hélène, au centre de toutes les préoccupations et dont les volontés restent mystérieuses.

Partager cet article

Repost 0
Published by passions73 - dans théatre
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de passions73
  • Le blog de passions73
  • : Un petit espace sans prétention pour parler de nos passions
  • Contact

Recherche

Mes Passions